Mademoiselle Hazard

Le petit objet de rien du tout

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C’est lui. Brutement élaboré ou gracieusement designé, le petit objet de rien du tout répond à une fonction usée par les jours et par la vie. Il y a des objets dans lesquels on se cogne littéralement quotidiennement à cause de toutes ces petites actions super lambda, de routine, qui nécessitent un ustensile, un contenant… ou comment la poésie émanant de ces petits objets peut transformer l’ennui. J’ouvre toujours l’oeil sur les familles de choses chargées d’insignifiance. Avant, ça m’arrivait d’acheter un truc sans réfléchir,  plus exactement sans penser que cela pouvait mériter de réfléchir. Conséquence, des achats inconsidérés d’objets que je me coltine depuis quinze ans juste pour l’utilité pernicieuse que je suis obligée de leur reconnaître, dix fois rescapés de mes débarras annuels.
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Alors tout ça par exemple, j’ai trouvé cet été, des torchons, un truc pour moudre, des cuillers en bois et un petit rouleau pour la cuisine.
Dans un tel cas, chaque truc est bien-sûr associé à petite histoire personnelle d’où et comment je l’ai déniché, c’est pas du tout évident, faut pas croire à un magasin de souvenirs qui vendrait une sélection d’articles au design si brut et si charmant. Là où je les trouve, personne ne sait qu’ils sont beaux. Les utiliser réveille le souvenir et transcende l’inéluctable ennui du geste répété.
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Ces petits contenants en étain, pas deux pareils, inempilables, je ne sais pas comment les gens qui les utilisent là-bas, s’ils en achètent un seul, ou plusieurs, j’aime le mystère de la anse et du bec verseur, je me demande quel liquide se sert dans un si-mini-pichet qui rouille… et j’aime surtout que son utilité ne soit pas dictée, sans mode d’emploi ces petites choses peuvent rêver à une vie meilleure.
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Tissu déniché dans le congélateur d’une arrière-boutique – nappe évidente pour brunch à la ferme.
Tout ça pour parler de la collecte des petites choses qui m’occupe … si bien que les petites actions répétitives de ma petite existence se trouvent sublimées par le puissant flux sensoriel que génère l’utilisation de chacune d’elles.
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Dans un autre registre, les objets de porcelaine faits à la main m’éblouissent.
J’éprouve du plaisir à m’entourer de choses qui ont des gens à raconter.
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Brut de décoffrage versus raffinement exquis, les deux me ravissent. La petitesse et la finesse, pas standard, pas aux normes, à la juste échelle, et la couleur, tellement mignonne en son badigeon.
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J’avoue que si j’avais la collec, je fabriquerais des jus d’herbe dont les nuances vertes s’entendraient si parfaitement avec ces fonds de couleurs mi présentes-mi absentes que je passerais mon temps à les contempler.
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J’étais enchantée de trouver toutes ces références dans les objets de Frédéric Périgot. Le balai à manche court, ça fait des années que j’en veux un.
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La rayure torchon, le lin ancien, le bois brut, on affectionne ces matières et ces objets à cause des histoires qu’ils nous rappellent et j’aime constater que des petites choses contemporaines peuvent aussi recéler beaucoup, sur un registre opposé de finesse des lignes et du geste.
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Après m’être émue de cette porcelaine si joliment travaillée j’ai réalisé une fois de plus que dans la vie il y a des choix à faire. Radicaux je veux dire. Car c’est difficile de mettre au rebut total des petits objets de rien du tout, c’est lié à l’affect je crois. En revanche le désir d’en posséder beaucoup, je sais pas à quoi c’est lié.
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Chantier déco Paris Belleville

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 » Marveille ”, doit son surnom à un heureux twist syllabique dont les enfants ont le secret. Je l’ai gardé celui-ci…

Donc Marveille  se casse, elle a dépassé ses propres bornes depuis longtemps. Elle voue un grand amour à Paris et de ses origines canadiennes, ou pas, elle garde un esprit punk-intello ouvert sur les grands espaces de la pensée avec une attirance pour les territoires limitrophes.
Elle me donne carte blanche en me montrant un petit presse-papier en verre avec une image d’oiseau, voilà le brief me dit-elle.
Avec ma fine psychologie, je vois oiseau, je pense nid. Marveille a un petit bébé qui parfois change, de nid, donc la suite du brief c’est babyland en mode optionnel only.
Un an avant, M lâchait le statut d’indépendante, direction l’agence et se demandait dans la même semaine si elle avait trop mangé ou quoi. Elle voit bientôt sa promesse d’embauche lui filer sous le nez ayant choisi de prévenir pour baby, ah les gars, c’est vraiment pas chic, il me semble bien que ça ne se fasse pas du tout même… C’est moche, mais le nid sera joli : nous dépenserons les billets de votre arrangement amiable pour offrir à Marveille une petite tannière qui lui ressemble, y’avait qu’a pas.  Et le temps qu’elle ne passe pas à la nouvelle agence, elle pourra gratter et bouquiner tranquille, buller avec bébé, boire des cafés en se disant qu’elle kiffe sa petite maison, et c’est toujours ça de pris.
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La confiance que Marveille me témoigne me donne envie de la combler et de la surprendre. Elle n’accepte rien avant de bien intégrer le truc, elle a besoin d’une argumentation et elle entend, ça me permet de garder un fil, d’aller au bout de l’idée, c’est chouette. Connaissant mon penchant pour l’objet lointain elle me précise juste que son côté world à elle, s’étire de Brooklyn à Berlin, sous-entendu me colle pas de la wax africaine et du fauteuil en perles. J’avais noté je lui réponds et j’aime cet axe Bklyn/Berlin, il est quasiment tangible chez elle.
Marveille n’a pas peur de la couleur, c’est une chance ! Par exemple ce Vert Tabac, j’adore le nom, il sent le décor où cuirs élimés, tentures murales et bouquins sont imprégnés de la fumée des cigarettes qu’on abandonne dans le cendrier lorsqu’on est absorbé dans sa lecture… Marveille ne veut plus trop fumer, ça sera un bon placébo. Dans le cadre de l’axe Bkyn/Berlin, je qualifierais cette couleur d’intellectuelle.
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When Baby is not around and when she is :
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On aurait pu aller plus loin dans le camouflage du lit mais la symbolique est suffisante, il devient console en le fermant avec une planche recouverte d’un tissu noir à petits points blancs, les affaires sont rassemblées à l’intérieur, l’univers de Baby se recroqueville quand il est ailleurs. L’idée n’étant pas de le gommer, juste de le mettre en veille.
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Comme la plupart des apparts parisien, celui-ci a sa part de couloir, il est triangle et il est petit et il y a trois portes. Je suggère d’en faire une clairière avant de s’enfoncer dans la chambre qui est beaucoup plus sombre. Et on imagine que parfois Baby ira s’y promener car il y aura ses jouets cachés dans le tronc d’arbre. Donc il y a des oiseaux, des insectes, un tapis de mousses et des petites étoiles argentées au mur qui reflètent plus ou moins la lumière du jour.
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La chambre reçoit peu de lumière, donc on l’assombrit davantage afin que le peu qui entre ait un petit rôle à jouer, apporter des nuances à une couleur intense. Le violet, complémentaire du jaune, le repos, complémentaire des journées bien remplies, et quand on entre dans l’appart on a le choix d’aller vers l’un sans traverser l’autre et vice-versa, c’est sûrement pas mal feng shui…
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Et ce rideau en velours très lourd cache le dressing, à la frontière de la salle de bain qui est plutôt masculine, ces visages emprunts de féminité et de caractère complémentent à leur tour quelque chose de l’endroit. Ce qui me fait vraiment plaisir, c’est que la couleur des bouches matche parfaitement celle de la peinture, que celle des visages, rappelle celle des murs étoilés du couloir et comme l’appart est tout petit il se crée une continuité agréable entre les espaces, c’est marrant de le réaliser à la fin… Et ce qui me fait super kiffer c’est que Marveille aime s’y esquiver entre midi et deux, prendre un tout petit moment paisible pour mieux profiter du speed de ses journées.
Et donc Marveille, le blog.

Des retrouvailles

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Je pourrais y dédier un roman d’amours et d’aventures, cette ville est une mère pour moi. Sa rudesse m’ayant châtiée dans le passé, je suis toujours portée par l’indescriptible pouvoir de-croire-en-ma-vie-rêvée qu’elle m’a transmis pendant ces quelques années de vie commune. Je suis à peine retournée sur mes pas, légèrement guidée par une réminiscence instinctive, épurée par ces longues années sans nouvelles, je me suis promenée en long et en large dans cette ville pleine de fenêtres.
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Tout en étant complètement familière avec l’environnement, je réalise à quel point TOUT est sujet à une contemplation furtive. On y marche plus vite qu’ailleurs, on y marche davantage. Je ne peux pas m’empêcher de penser mathématiquement à la croissance exponentielle du nombre de collisions visuelles qui m’entourent et me suivent et me dépassent et me précèdent. Celles qui s’ancrent et celles qui traînent celles qui m’attirent et celles que je loupe…

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J’ai choisi d’empiler mes petites images parce que de toutes façons, c’est un peu comme ça que ça fonctionne dans ma tête. Le coq à l’âne visuel propre à la errance et les pensées qui se tricotent sur ce pêle-mêle.

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Les nuits furent courtes, il y a tant à faire et à refaire en bonne compagnie, tant de raisons d’y aller et d’occasions de se laisser aller.

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Des petites brisures d’images, flux continu sur le pont vers Brooklyn un samedi matin:

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– « Brooklyn est clean » parait-il.
– Yes I heard, dear.

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Qu’il est bon de fusionner quelque temps avec cette dynamique encastrable… d’aller se coucher dans le lit qui s’encastre aussi, pile entre les murs de la chambre… et s’endormir au petit matin tout en notant que je me suis presque faite aux vapeurs de noodle-soup qui s’élèvent du rez-de-chaussée le long des murs de la cour aveugle et s’immiscent jusqu’à mon sensible nez par l’interstice de la fenêtre… Thank you CC! Love.

Une belle ballade

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J’ai dû y passer quelques heures, fascinantes de précision, les vitrines du Musée d’Histoire Naturelle de New York consacrées à la faune nord-américaine m’ont aspirées d’une côte à l’autre du continent, traversant steppes et forêts, du petit jour au crépuscule, la lumière enveloppant paysages et créatures magnifiait le voyage sans discontinuité.
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Il ne nous est jamais offert un point de vue simultané sur l’animal et sur l’endroit où il aime être.
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Le principe est de réinjecter à l’animal, grâce entre autre à une talentueuse approche de la couleur, la vie qui a cessé de l’habiter.
Le résultat est d’un réalisme si plaisant que la barrière entre vision et réalité s’en trouve extrêmement réduite.
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Au-delà de ce traitement, la scène se compose d’amorces de végétation et de petits animaux en premier ou second plan parfaitement mis en scène et qui ne se révèlent pas tous au même moment selon l’angle d’observation. Puis la fuite vers un horizon lointain traité en peinture dans un parfaite perspective remplie d’harmonieux détails et éléments qui rallongent considérablement le parcours visuel.
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Le truc extraordinaire c’est comment ces immensités sont mises en boîte et que l’observation du set dans son ensemble, comme dans ses moindres détails apporte une connaissance supplémentaire du contexte, alors qu’on aurait pu observer un combat d’élans sur un fond neutre et en-soi déjà trouver ça pas mal du tout…
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Alors voici quelques unes de ces belles collaborations de l’homme et la nature
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Ces mises en scène sont protégées par un toit en verre que l’on aperçoit en rasant la vitrine et regardant vers le haut, l’éclairage au-dessus diffuse la lumière en nuances sur l’ensemble de la scène avec beaucoup de douceur et de relief en même temps. Subjuguant.
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Une autre aile du musée est consacrée aux océans :
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et dans les vitrines du bas supportées par 3 modules de structure, j’ai découvert un beau point de vue sur l’altitude zéro de la planète.
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Ce genre d’activité m’enchante à haut niveau.

J’aime regarder les femmes…

Celles de ce petit village me fascinent…
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C’est en douceur, grâce à la discrétion d’un petit carnet à dessins, que j’ose petit à petit poser mon regard sur celles dont on essaie de ne pas en faire l’objet.
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Ces dessins datent de mon premier voyage sur la côte orientale africaine, et c’est en feuilletant mes vieux carnets, mémoire de ces instants uniques de découverte, porteurs d’une énergie douce et intense que je me remémore les émotions si fortes et si contradictoires ressenties à la rencontre de la femme swahilie.
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Au début c’est le paradoxe de la distance gardée qui crée le lien, j’ai l’impression que c’est malpoli de la dessiner, et en même temps c’est ce qui va me rapprocher d’elle. La silhouette sombre et lointaine, croquée à la va-vite et de dos va se tourner progressivement. Intriguée par la représentation mais que la caméra ferait fuir.
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D’un coup de crayon comme de baguette magique, le grand inconnu qui se dressait tout puissant est chassé. J’ai un peu moins les chocottes de me faire engueuler, c’était étrange quand j’y pense cette culpabilité. Je réalise pouvoir générer un peu de curiosité de mon côté tout en offrant une accessibilité en proposant le dessin à la vue du modèle.
Et c’était vraiment ça la magie. Ne pouvant échanger que très peu de mots, l’issue fut les éclats de rire mêlés à la surexcitation d’une retenue soudainement débridée. D’un côté comme de l’autre _côté de quoi, je ne saurais dire mais c’est tout de même un peu géant, très invisible et presque palpable et j’imagine que ça pourrait s’appeler un gap culturel_ sauf que d’un côté et de l’autre donc, il y a une femme, un lien évident et immédiat dont la forme évolue au cours des moments partagés.

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Donc après quelques rigolades, le voile tombe. C’est à mon tour d’être surexcitée, je suis invitée chez la femme swahilie.
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J’adore ces positions stoïques à ras du sol, leur droiture. Gratter, pétrir, cuire… gratter, pétrir cuire, cuisine qui rassemble et se ressemble imperturbablement rythmée sur le quotidien.
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Et vient le jour du mariage.
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C’est beaucoup d’intimité, et en même temps beaucoup de mystère. La lourdeur de ne pas parvenir à capter la légèreté du moment.
Je mets les voiles.
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Celles-ci célèbrent, de leur côté.
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Hommes et femmes sont rassemblés, je les écoute chanter
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et les regarde écouter.
Demain elles iront au marché et je les regarderai s’affairer
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et probablement palabrer.

Per Alimenti mais pas seulement

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Per Alimenti… Parfois, en plein milieu des courses du quotidien, il arrive, à la caisse, que l’on me remette mon achat de façon spéciale.
Je me dis waoh, ça empaquette. C’est quand-même rare car en terme de sac « boutiiique » on peut pas dire que les mecs bossent pas, non on ne peut pas dire ça, moi je pense qu’ils bossent trop. S’ajoute la tendance du sac plastique payant, c’est carrément saoûlant, au quotidien j’entends. C’est à dire que pour ma part, j’ai comme tout le monde n’est ce pas, mon tote bag en boule au fond de mon sac mais alors quand je vois – ou j’entends – ou sens – le bon vieux sachet en papier, mon cabas en tissu bio avec un magnifique graphisme dessus, il reste où il est.
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Quand ces moments de grâce surviennent, j’aime bien. Ça me balade intérieurement, ce sachet de papier, ce tampon, le geste choisi pour les fermer, et les porter… mine de rien, on n’a  plus trop l’habitude.
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Je ne parle pas du petit sachet au format absurde d’épaisseur totalement inappropriée, lequel est de toutes façons doublé par un sac en plastique… Je partage ici mon goût pour le solide qui dure. Celui qui contient 2Kg de pêches mûres et qui se crève pas à la moitié du chemin. Tout ça pour dire la louange du tampon encré sur le kraft.
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Surtout lorsqu’y sont signifiés les mots clés de la bonne journée – tant qu’à faire… et la petite fantaisie graphique, perso, je jubile.
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En apparté, à propos du look tampon…
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En fait, il y a ce même côté légèrement irrégulier dans son osmose forcée avec la matière qui m’y faisait penser…
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Oui c’est un peu en italien alors c’est sûrement un peu plus mignon mais l’autre jour j’ai acheté des « ardoises angevines » en passant devant une boutique, des petits palets carrés de nougatine recouverts de chocolat bleu, et comme je suis angevine, ça me parle, bref, le truc de ce moment relativement pas banal fut la mise en sac.
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Non mais c’était la semaine dernière, c’est quoi ce numéro de téléphone ? J’en viens au fait, c’est un look qui se cultive.
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Tandis qu’ailleurs, la spontanéité du message l’emporte. Alors ailleurs, c’est dans ce genre de spot que je pourrais aller acheter les radis un par un.
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D’ailleurs s’il n’y a pas de radis c’est pas grave, je prends… ce qu’il y a, y’a comme une simplicité qui se communique…
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Ce petit paquet là…m’a vraiment touchée. Le premier de la série, je’m suis dit, c’est la classe ce bled.
Wrap it in paper, sans scotch bien-sûr.
Aujourd’hui, je tombe sur ces petites pochettes à dinette branchouille qui m’ont rappelée que j’adore les sachets à encrage brut sur papier pauvre.
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Du Bled à la Branchitude, enfin un B to B qui me parle.
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Et ces pochons à cartes postales, bichromie de base et papier transparent, C’est le premier B que je préfère.

Un plaisir inavoué

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Left & Right… je voue à mes chaussettes, une reconnaissance quotidienne. Je les vénère chaque jour par exemple ou la température chute. Elles me réconfortent dès le matin, douillettes et élégantes, créant un pont de bonne humeur entre la douceur du lit et l’extérieur hostilement froid. Je considère pour chaque paire acquise depuis des années leur matière, leurs détails de confection, leur couleur et leur hauteur. J’aime les grandes chaussettes. Et j’aime que les fines plissent et les épaisses aussi d’ailleurs.
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J’ai assez peu d’éléments qui me permettent de mesurer le côté exagérément futile ou non de cette petite passion. Ce n’est pas un sujet très fédérateur et je connais même certaines personnes qui n’en n’ont rien à foutre. Moi, c’est l’opposé, je vois bien que les personnes vivant sous mon toit ont été contaminées, je culpabilise un peu tout en étant intimement persuadée que la chaussette est un sujet. Donc ces deux petites personnes qui n’ont de cesse de passer mes souliers et de se tortiller en titubant plus souvent qu’elles ne jouent avec leurs propres jouets me prêtent aujourd’hui leur gambettes afin d’illustrer mon propos, dans la plus grande excitation.
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Ces finitions, ces détails…
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J’aimerais que le verbe se chausseter existe ou l’action de chausseter ses pieds, cela redonnerait du panache à la situation.
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Il faudra admettre que le rapport investissement et surface visible n’est pas bon. C’est ce côté visible-invisible qui fait que l’on dénigre leur importance, mais les situations visibles ne sont pas fortuites, on les crée!
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Il fut un temps où j’avais un faible pour un genre de magasin, je ne sais même pas si ça existe encore. Une boutique qui rassemblait des petits stocks de marchandise très éclectique avec cependant ce point commun que les gens ne les avaient point adoptés. Le spot des articles mal-aimés. Il y avait beaucoup de trucs fabuleusement bien finis, pour la plupart vieillots. Je pense avec le recul, car c’était il y a une vingtaine d’années, que ça devait être la charnière d’une époque où la confection de qualité était relativement banale et bon marché avant de basculer dans la catégorie luxe. Donc, le royaume du bas, en tant qu’article bien old-school, celui de la chaussette montante, du bonnet de bain vintage… enfin tout me paraissait vintage alors qu’en fait, c’est juste la cible qui devait être d’au moins quatre fois mon âge. Le fait est que j’y passais très souvent du temps. Ouvrir les boîtes, toucher et choisir des trucs que je ne mettais pas mais que j’aimais avoir pour regarder. J’avais tellement bien fait car je mets quiconque au défi aujourd’hui de trouver des bas de couleur! C’est très difficile, à chaque fois que je demande les vendeuses tombent des nues ou font semblant de chercher pour finalement proposer des noirs… c’est dingue.
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Bref, maintenant j’ai une collec d’enfer et surtout j’ai découvert d’autres filons comme la chaussette japonaise (ils pèsent aussi dans ce domaine), le rayon dédié du Bon Marché pour les hommes, celui du Printemps pour les femmes, Topshop à Londres, des murs entiers de fantaisies, Falke à Berlin ! Monop à la dernière démarque, les cartons tout à 5 balles dans les braderies recèlent souvent de trucs très à mon goût. Le luxe avec ses incroyables matières et détails, initiales brodées et contrastes fous,  Donc oui, tout azimut.
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Cela dit en passant, penser que le moral puisse se trouver dans les chaussettes renforce mes considérations.
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Je crois que j’ai trouvé la tech pour tempérer la coquetterie de mes fillettes, elles en ont marre et ne veulent plus rien enfiler, dommage, j’aurais bien continué… je les soupçonne de préférer les louboutines aux baskets, snif!

Mélodies secrètes


Lorsque je suis arrivée, la bataille avait déjà commencé.
Y’avait ceci dehors, qui ne rentrait pas dans la baraque, j’adore le gars dont la vocation ne s’est pas laissée entraver par le côté pratique de l’histoire. Ça m’a renvoyé un truc direct car je venais d’attacher mon vélo en détestant mon sac d’ordi qui m’embarrassait.

Et tout à coup la rencontre de deux mondes séparés par une ou deux décennies.
J’accueille ce soir une sorte de concert privé, je ne connais rien de la programmation et très peu de la liste des invités.
Très séduite par ce concept contemporain de musique de chambre, je me suis lancée dans l’aventure, à savoir recevoir 70 personnes chez moi un soir de semaine en arrivant tout juste pour entendre les musiciens s’échauffer.


Yes, c’est le squat.

Ces présences anonymes… y’a un truc sympathique que j’ai du mal à définir. L’ambiance monte, la maison se remplit et soudain la voix d’Élise Mélinand.

Une découverte donc. Elle est tellement douce, on dirait un bébé heureux au micro, ça nous cloue tous plus ou moins sur place, c’est très beau.
Et quelle beauté dans cet instant, celui de découvrir ensemble, moi et mes invités inconnus, ce petit son alternatif. J’ai senti comme un truc qui fédère et qui rend heureux.


C’était joli à regarder aussi.

Elle c’est Liz Green, voici une petite track.

People in the house comme on dit, écoutant Liz Green et sa bande d’Anglais de Manchester.

Et pendant que j’étais toute ouïe, mon regard se posait sur des petits détails…






J’entends par étonnant le fait que cette promiscuité, cette invasion pour être exact, fut bien chaleureuse.
C’est très plaisant d’inverser les mécanismes habituels.

C’est peut-être aussi ce qu’a dût se dire ce musicien de Erevan Tusk  en choisissant son instrument.
Sofar, qui signifie « Song from a room », sacrément belle idée.